L'organisation de la filiere caprine en Poitou-Charentes-Vendée

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Petite histoire des Syndicats Caprins en Charentes-Poitou

L’origine des syndicats agricoles spécialisés en France, dont la Fédération Nationale des Eleveurs Caprins

Leur entrée dans l’histoire est liée à un mouvement social. En 1907, la crise qui frappe les vignerons languedociens les pousse à descendre pendant trois mois dans la rue. Les syndicats locaux de cette région de monoproduction décident de s’unir en une Confédération Générale des Vignerons du midi (CGV). La première association spécialisée est donc née.

Pour ce qui est des éleveurs de chèvres, c’est le 18 avril 1958 que cinq syndicats caprins réunis a Paris ont constitue la Fédération Nationale de Eleveurs de Chèvre (ou FNEC). Ces cinq syndicats étaient ceux de la Drome, de la Bourgogne, du Loire et Cher, du Berry et de l’Ile de France.

Dans les années 1960 et 1970, la FNEC est progressivement engagée dans la création et le développement des syndicats caprins départementaux pour organiser la profession caprine. On compte une trentaine de syndicats caprins a la fin des années 1960.

Les compétences originelles des structures caprines professionnelles nationales

Jusqu’a la seconde moitie des années 1960, l’encadrement technique des éleveurs est principalement assure le Livre Généalogique Alpin (ou LGA) dont le siège social est base a la Chapelle Blanche en Indre et Loire. Une petite dizaine de techniciens caprins travaille alors pour ou avec le LGA sur l’ensemble du territoire français plutôt que pour la FNEC qui détient encore très peu de moyens de développement et d’animation technique. Il existe alors un lobby des éleveurs sélectionneurs sur la profession caprine nationale. D’ailleurs, le docteur BREILLAT fut à la fois président du LGA et de la FNEC.

Le siège social de la FNEC est alors base, comme la Fédération Nationale Ovine (ou FNO) a la Maison du Mouton a Paris qui devient ainsi la Maison du Mouton et de la Chèvre. Trois ingénieurs caprins sont recrutes pour la FNEC a partir de 1964. Ils sont charges d’encadrer plusieurs techniciens caprins localises sur l’ensemble du territoire.

Plus tard, en 1981, François GUILLAUME, alors président de la FNSEA, rencontre les représentants nationaux des syndicats caprins pour proposer que la FNEC devienne la section spécialisée des FNSEA. Face a une réponse négative, ce sera finalement au début des années 1990, sous la présidence de François ETEVENON, que la FNEC deviendra la section caprine de la FNSEA.

Photo Pierre Styblinski

En Charentes-Poitou, les éleveurs de s’organisent a leur tour en Syndicats Caprins

Dans cette région, la première organisation syndicale caprine apparait en Deux-Sèvres avec la constitution du Syndicat Départemental d'Elevage Caprin en mars 1963 sous l'impulsion de monsieur Charles SERVANT éleveur a MAIRE LEVESCAULT en plein berceau traditionnel de l'élevage caprin, le pays Mellois. Pour L'anecdote, le premier président raconte que l'idée lui est venue de créer une association d'éleveurs caprins alors qu'il était en discussion avec d'autres éleveurs de chèvres en vendant des chevreaux au marche de Lezay. Les départements voisins créeront ensuite leurs syndicats caprins départementaux dans les mois qui suivent. Le syndicat caprin de Vienne est constitue des 1963.

Le syndicat caprin de Charente-Maritime est constitue en 1966. Le syndicat caprin de Charente est constitue en 1968. Le syndicat caprin de Vendée est constitue en mai 1970.

C’est avec son AG constitutive en 1971 que la FRESYCA devient la première structure professionnelle régionale caprine. La FRESYCA, ou Fédération Regionale des Syndicats Caprins de Poitou-Charentes-Vendée, comprend cinq départements. Le premier président de la FRESYCA fut monsieur Jacques BARNAUD alors président du Syndicat Caprin de Charente- Maritime. Le siège social est base au lieu dit de la Vergne de Melle. Depuis sa création, la FRESYCA est un interlocuteur privilégie auprès de l’administration, des collectivités territoriales, des organisations professionnelles agricoles et des structures de recherche – développement. La FRESYCA n’est pas un syndicat à vocation générale et ses prérogatives concernent essentiellement les questions de développement et de défense des intérêts de tous les éleveurs de chèvres et de leur filière régionale.

Pour mémoire, les huit présidents successifs de la FRESYCA depuis 1971

Jacques BARNAUD (17), Rêne AVERTY (86), Bernard JOLY (16), Roselyne COUTURIER (16), François BONNEAU (86), Joël DUGUĒ (79), Gilles AMIOT (79), François BONNET (79).

Quelques actions marquantes des syndicats caprins durant la période des années 60 au début des années 80

Avant la constitution de l’ARC, la FRESYCA a en charge la rédaction du projet régional de la profession caprine, la gestion technique et financière des fonds FORMA destines a la filière caprine régionale (l’équivalent des actuels Contrats de Plan Etat Région gère par l’ARC).

La gestion du Centre Régional d’Etudes Caprines (ou CREC), ou Maison de la Chèvre, basée a Melle. Des études et des expérimentations y étaient menées sous couvert des orientations des élus de la FRESYCA.

Rôle d’interlocuteur auprès des administrations, des industries laitières et des structures de recherche – développement, · Tentative de réalisation d’un label pour le fromage de chèvre de Poitou-Charentes des septembre 1972. Projet qui ne verra jamais le jour (…). Un projet de demande d’Appellation d’Origine Contrôlée pour le Chabichou est également rédige par ce groupe des 1973 avec un même refus des représentants des industries laitières. Finalement, la demande d’AOC pour ce fromage n’aboutira qu’en 1990, · Organisation de concours de fromages de chèvre : ces producteurs fermiers décident de participer à la foire exposition de Saint-Maixent (79) a partir de 1971. La FRESYCA organisera le 29 juillet 1972 son premier concours des fromages lors de la foire exposition de Saint- Maixent.

Organisation de voyages annuels pour les éleveurs caprins à la rencontre d’autres éleveurs,

Organisation de concours de reproducteurs caprins. Le premier se tient dans le cadre de la foire exposition à Poitiers le 11 mai 1980.

Conclusion

Durant quinze ans, de 1963 a 1978, dans un contexte d'euphorie pour la production caprine régionale, les débats de ces éleveurs passionnes de chèvres portent en germe le développement ultérieur des structures de recherche et développement. Sur ce territoire comme sur d’autres, les éleveurs des Syndicats Caprins ont constitue une ressource humaine et professionnelle dynamique qui portait en son sein la déclinaison future du modèle de filière caprine industriel que nous connaissons aujourd’hui ainsi que l’implantation de structures de recherche développement spécialisées en production caprine. Cette époque a prône le progrès technique comme moteur du développement d’une catégorie sociale d’éleveurs.

Les années 1980 verront les institutions agricoles reprendre en partie les prérogatives des Syndicats Caprins, notamment par l’embauche de techniciens caprins. La vie associative des éleveurs de chèvres sur des sujets transversaux de choix de développement de la production caprine régionale se perdra ainsi progressivement avec l’implication de ces mêmes éleveurs dans différentes structures de recherche – développement. C’est la participation même des éleveurs a la destinée du développement de leur propre filière qui est alors remis en cause.

Dans le même temps c’est la question de la localisation des véritables centres de décision de politiques pour une filière territoriale qui est posée.

Aujourd’hui, dans un contexte de mutation du système industriel et coopératif, nous pouvons nous interroger sur le niveau idoine de participation des éleveurs de chèvres à écrire leur histoire et celle du modèle agricole développe dans leurs élevages. Quel avenir envisager dans un secteur économique ou les producteurs de la matière première ne seraient pas ou plus interroges sur leur avenir ? Ou l’impérative nécessite de renouer le dialogue territorial entre les éleveurs, leurs entreprises et les collectivités.

Avec la renaissance de leur association, les éleveurs de la FRESYCA ont évidemment aujourd’hui un rôle à jouer dans ce débat.

Frantz JĒNOT

Sources

  1. Communications orales de Lionel Drilleau (directeur EDE 79), Jean Claude Le Jaouen (rédacteur en chef de la revue La Chèvre), Gilbert TOUSSAINT (rédacteur pour la revue La Chèvre).
  2. Archives des comptes rendus de Conseil d’Administration de la FRESYCA et de l’ARC.