Les ancEtres

Les chèvres domestiques présentent une grande diversité morphologique, due à des différences d’origine mais aussi à l’intervention de l’homme.

figurine de chèvre
Golfe persique -250 à 225 après JC
conservée au musée de Los Angeles
photogaphie Mary Harrsh

photo Philippe Wall

photo
P.Wall

Le nom scientifique de la chèvre domestique est Capra hircus hircus, et elle a pour ancêtre une chèvre sauvage connue sous les noms de « chèvre à bézoar », « chèvre égagre » ou « chèvre véritable », jadis répandue de la Turquie au nord-ouest de l’Inde, et dont l’appellation scientifique est Capra hircus aegagrus. Le bouquetin, les chèvres sauvages et domestiques font partie de la sous-famille des Caprinés (regroupant les ovins et les caprins), de la famille des Bovidés et de l’ordre des Artiodactyles. Les archéologues ont récemment découvert que des Caprinés étaient déjà contrôlés et tenus en captivité dès la fin du IXe millénaire avant notre ère à Nevali Cori (Turquie), mais la prééminence de l’élevage sur la chasse, conduisant à l’apparition de formes animales sensiblement modifiées, n’apparaît pas avant le VIIIe millénaire au Proche-Orient (Vigne 2001).

Les bouquetins sont des animaux sauvages qui vivent toujours dans différents massifs montagneux d’Europe (Alpes, Pyrénées), en Asie centrale, dans les collines de la mer Rouge (Egypte et Nubie), et dans la péninsule arabe. Dans le nord de l’Afrique et au Sahara, le Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia), sans être un ancêtre des caprins, aurait pu contribuer à leur patrimoine génétique, tandis que la place génétique des turs du Caucase est encore discuté. Quant à la chèvre sauvage, elle a continué de vivre loin de l’homme en toute liberté, et on peut encore la rencontrer dans le Caucase. En Europe, le chamois, (Rupicapra rupicapra) et sa variété pyrénéenne, l’isard, sont d’autres cousins sauvages de notre chèvre.

Classement et parenté des races caprines françaises vus par les anciens auteurs

B DENIS - Ecole vétérinaire de Nantes, extraits

De la consultation de quinze ouvrages généraux, parus entre 1804 et 1943, il ressort que le seul auteur à avoir fait preuve véritablement originale est Sanson. A la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe, avant Sanson, on note une large indifférence à l’égard de la chèvre commune et la promotion exclusive de races exotiques productrices de poil. La seule différenciation régionale mentionnée est celle de la population caprine du Mont d’Or qui permet de fabriquer des fromages réputés.

SANSON (1878) quant à lui rassemble toutes les races de chèvres en trois grands groupes qui peuvent sans difficultés être assimilés à des races « primaires » ou «  fondamentales ». Les races caprines appelées « variétés » dans son système procèdent de la race d’Europe, de la race d’Asie (Angora, Cachemire, Tibétaine) et de la race d’Afrique (Maltaise notamment).Conformément à ses habitudes, SANSON affecte à chaque race un ancêtre fossile particulier, nanti de caractéristiques craniométriques. La race d’Europe se caractérise par exemple par un crâne brachycéphale, un profil céphalique rectiligne ou subconcave et des oreilles dressées.

Il est ensuite le premier à commencer à mentionner les diverses variétés de la chèvre commune. La race d’Europe se ventile selon lui, en variété des Alpes qui présente de grandes variations de taille selon sa localisation, variété des Pyrénées au pelage toujours brun de taille moins importante et variété du Poitou souvent sans corne, de grande taille, au pelage brun, gris ou blanc.

Ultérieurement plusieurs auteurs ventilent les populations caprines françaises en trois groupes : alpin, pyrénéen et du massif central. Quelques discussions se rencontrent au sujet de la population du Poitou et de celle de la Corse.