La traite et la production laitiEre

Une chèvre produit entre 600 et 1000 litres de lait annuellement. La richesse de son lait se mesure par ses niveaux en matière protéique et matière grasse. Plus précisément, on mesure les taux protéiques et butyreux qui sont en moyenne respectivement de 30,1 et 35,1 grammes/ litre de lait en l’an 2000 en Poitou-Charentes. La lactation de la chèvre a une durée de 280 jours en moyenne. Au pic de lactation elle produit de 3 à 4 litres par jour.

La traite

Photo : Pierre Styblinski

L’activité de traite est une contrainte importante en élevages laitiers. L’arrivée des équipements en matériel de traite a joué un rôle majeur dans l’amélioration conjointe du confort de traite et de la productivité humaine. On distingue chronologiquement deux modes de traite : la traite manuelle et la traite mécanique qui se font soit en chèvrerie, soit en salle de traite. La traite s’est tout d’abord opérée sur pot, en stabulation puis en salle de traite. Le transfert du lait dans un tank s’effectue à présent grâce à un lactoduc.

La machine à traire s’est développée dans les élevages caprins dans les années 70. L’apparition de la machine à traire a donc fortement contribué à l’explosion des tailles des cheptels en améliorant les cadences de traite des éleveurs. La traite manuelle limite en effet la cadence de traite à 25 chèvres/heure. Deux trayeurs peuvent ainsi traire 70 chèvres en 1H30. La machine à traire a déplafonné la taille des cheptels. A noter également qu’elle a optimisé le confort de traite des éleveurs et limiter les risques d’arthrite qui apparaissaient fréquemment après 40 ans chez les chevriers. En 1979 et 1988 les pourcentages d’exploitations caprines possédant des machines à traire étaient respectivement de 20 % et 54 % en Deux-Sèvres.

L’acquisition de matériel est logiquement corrélée à la taille du troupeau. Ainsi, les troupeaux de plus de 50 chèvres sont 87 % à être équipés mécaniquement pour la traite des chèvres en 1984. Dans ces troupeaux de plus de 50 chèvres, on note toutefois qu’à peine une exploitation sur deux possède une salle de traite à cette date.

De nos jours, la quasi totalité des éleveurs est équipée d’une salle de traite et d’une machine à traire. Il devient courant de compter jusqu'à 14 postes de traite et plus par trayeur. Les cadences de traite peuvent dépasser les 200 chèvres/heure pour ne pas avoir plus de 1 H 30 de traite matin et soir. Dans ces troupeaux, le décrochage automatique des gobelets peut faire dorénavant partie de la panoplie technique de l’éleveur. Il optimise encore la cadence de traite en limitant la surtraite et en améliorant le confort de celui ci.