mise-bas chèvre

Photo : Pierre Styblinski

La gestion de la reproduction des chevres en elevage

L’espèce caprine présente une activité sexuelle saisonnière liée au photopériodisme. La saison sexuelle dans cette espèce s’étale de juillet à décembre. En conséquence, les mises-bas sont groupées de décembre à mai en reproduction naturelle. La gestation dure environ cinq mois (153 jours en moyenne). La chèvre a une prolificité moyenne de 1,8 chevreaux par mise-bas. C’est à dire que le « chevriage, » ou « biquetage » délivre à peine deux chevreaux. La chèvre peut toutefois avoir jusqu'à quatre voire cinq petits. Les chevrettes sont conduites à la reproduction à partir de sept mois. Leur première lactation démarre à partir de l’âge d’un an environ. L’existence d’une saison sexuelle marquée entraîne une production laitière saisonnière maximale deux mois après la mise-bas, c'est-à-dire au printemps et en été.

En raison de ce caractère saisonnier, les transformateurs fromagers doivent faire face à une collecte fluctuante dans l’année. Pour la limiter, les chercheurs et les éleveurs ont appris à maîtriser la reproduction par des techniques de désaisonnement des mises-bas. L’avance de la saison sexuelle des chèvres peut être obtenue par traitements lumineux et/ou hormonal des animaux.

Parmi les techniques de reproduction, il est possible de distinguer la lutte libre, la lutte en main et l’insémination artificielle. La lutte libre consiste à introduire un ou plusieurs boucs dans un lot de chèvres durant toute la période de la saison sexuelle. La lutte en main consiste à présenter un bouc à chaque chèvre en oestrus (ou chaleurs). Cette technique permet d’enregistrer et de contrôler les saillies, donc la paternité des futures reproducteurs. L’insémination artificielle permet de diffuser largement le patrimoine génétique de boucs améliorateurs sélectionnés en station de testage.

chevreaux

Photo: Pierre Styblinski

Ce travail génétique de l’éleveur optimise le rendement laitier des chèvres, assure la production d’un lait riche en taux protéique et butyreux qui favorisent le rendement fromager. A titre d’exemple, les taux protéique et butyreux du lait de chèvre collecté en l’an 2000 ont progressé de plus de 3 g/litre  en Poitou-Charentes ces dix dernières années. L’insémination artificielle limite par ailleurs les risques de contaminations sanitaires des femelles en évitant l’introduction de boucs sur l’élevage.

L’elevage des jeunes

Les chevreaux représentent une faible part du produit de l’atelier caprin. Ils peuvent être vendus à l’âge de trois jours à des engraisseurs spécialisés ou bien élevés jusqu'à un mois où ils seront vendus entre 7 et 10 kg de poids vif. Séparés de leur mère dès la naissance, ils sont alors élevés à la poudre de lait.