marché aux chevreaux de Lezay

Photo : Pierre Styblinski

Le marche aux chevreaux de Lezay

ou L’zé en patois

Avec le goût et l’accent d’ici

L’emblème de Lezay c’est la chèvre et ce, depuis des décennies. Bien sûr, l’affluence sur le marché aux chevreaux n’est plus ce qu’elle était mais la commune cultive toujours sa fibre caprine. Il faut dire que la bête a contribué à faire la renommée de la place. Chaque mardi, donc, résonnent sous la halle, les bêlements des petits que les femmes (le plus souvent) venaient vendre. Les chevreaux, ballottés et attachés, contestaient bruyamment la rudesse des hommes tant et si bien que Brigitte Bardot a fini par entendre cet appel. Un appel, il faut bien le reconnaître, qui fendait le cœur des plus endurcis. Convaincu par les arguments de l’association de protection des animaux de la star, le conseil municipal de Lezay a donc, au début des années 1980, voté l’achat de chariots spécifiques et de parcs de rassemblement. Les agricultrices munies de ces objets roulants identifiés pouvaient désormais transporter les animaux. de la voiture à la halle sans les attacher, et les installer dans les petits enclos prévus à cet effet. A partir de ce jour béni, les chevreaux (et leurs propriétaires) ont retrouvé leur calme. Il faut dire que dans les années 1970, certains mardis matins, il y a eu jusqu¹à 6 000 chevreaux sur le marché.

Aujourd’hui l’activité se concentre sur les périodes de fêtes uniquement Pâques et Noël. Le reste du temps à peine compte t-on cent animaux dans la halle, dix parfois. Les négociants en bestiaux font leurs achats directement dans les fermes.

Les marchands ambulants quant à eux regrettent l’époque où les femmes faisaient des affaires sur le foirail de Lezay. Il n’y avait pas de chéquier. Les chevreaux étaient payés en liquide. De l’argent immédiatement dépensé sur le marché, pour l¹alimentaire et les vêtements"  se souvient Bernard Proust, conseiller municipal responsable du marché. Les chevreaux s’en sont allés et avec eux une partie des chalands. Mais Lezay reste la capitale de la chèvre de réforme. "Elles viennent toutes ici de 150 kilomètres à la ronde" se réjouit Bernard Proust qui en compte entre 300 et 800 chaque semaine. Ce n’est pas tellement le chiffre d¹affaires qu¹elles produisent qui enthousiasme l’élu, mais plutôt l’image de marque qu’elles procurent encore et toujours à la commune.

Et les producteurs fermiers de fromages de biques qui viennent vendre leurs joyaux le mardi matin au marché à "L’zé" comme on dit chez nous, sont bien contents de cette notoriété.