Les annees 1980 : premiere crise du lait de chevre et decouverte des lois du marche

En 1981, la première crise caprine secoue une première fois la filière qui semble découvrir les lois du marché. Le prix du lait de chèvre payé aux producteurs s’écroule (cf tableau 5). Cette première crise en annonce d’autres. L’élevage caprin renforce alors de nouveau sa spécialisation et l’interprofession caprine régionale, le Bureau Régional Interprofessionnel du Lait de Chèvre (le BRILAC) voit le jour en 1984. Il tente de réguler l’offre à la demande en regroupant les représentants des éleveurs et des industries laitières.

Tableau : Evolution du prix des laits de chèvre et de vache payé au producteurs en Deux-Sèvres

Année

1966

1970

1975

1980

1981

1985

1990

1991

1995

2000

Prix moyen du lait de chèvre (F/l)

0,76

0,84

1,35

1,91

1,93

2,90

2,84

2,75

3,03

3,09

Prix moyen du lait de vache (F/l)

0,48

0,51

0,79

1,17

1,27

1,72

1,96

1,90

1,98

1,99

Rapport  prix

lait chèvre/ lait vache

1,58

1,64

1,71

1,63

1,52

1,68

1,45

1,44

1,53

1,55

Note : le paiement du lait de chèvre à la qualité a débuté en 1986. Il l’était depuis 1969 en lait de vache.

Source : Agreste - SAA

Localisation géographique de la production caprine: de délocalisation en délocalisation

En Poitou-Charentes, les zones traditionnelles de l’élevage de chèvres sont situées dans les plaines calcaires du Sud Deux-Sèvres (le pays Mellois), le Sud Ouest Vienne et le Nord de la  Charente. Les troupeaux de chèvres s’y sont développés tout au long du XXème siècle.

Dès les années 1980, on observe les débuts d’une remontée de la production caprine des plaines céréalières vers le Bocage. Avec la mise en place des quotas pour le lait de vache en 1984, l’installation en production laitière s’est avérée plus difficile dès la fin des années 80. Progressivement des agriculteurs du Bocage, notamment de jeunes éleveurs, se sont reconvertis à la production caprine. A contrario, dans les plaines céréalières de la région, notamment les zones traditionnelles de l’élevage caprin comme le pays Mellois, les exploitations se sont progressivement orientées vers les cultures de vente. L’élevage des chèvres y stagne, voire régresse. La mise en application de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) en 1992 avec l’attribution de primes à l’hectare n’a fait qu’accentuer cette tendance.

Une production régionale de première importance économique

Avec un produit brut annuel de 502,8 millions de francs en Poitou-Charentes, dont 310,3 en Deux-Sèvres, la filière caprine a conquis depuis plusieurs dizaines d’années sa place dans le concert des productions agricoles régionales. Actuellement, l’élevage de chèvres reste une des dernières productions agricoles permettant encore de s’installer ou de se développer. Le marché en croissance de 3% à 8% par an des fromages de chèvre témoigne de cette dynamique. Enfin, la chèvre est porteuse d’une image positive auprès des consommateurs de fromage. Elle participe à l’identification culturelle de notre région par son image naturelle et traditionnelle.