L’aventure des cooperatives laitieres a la fin du XIXeme siecle et au debut du XXeme

La plus grande aventure que va connaître la chèvre en Poitou est l’œuvre de la coopération laitière. En 1873, le phylloxéra, originaire d’Outre-Atlantique,  ravage les vignes charentaises. Les vignerons se convertissent en producteurs laitiers, bientôt imités pour d’autres raisons par les agriculteurs des départements limitrophes. Ces anciens viticulteurs remplacent la vigne par la production fourragère et particulièrement la luzerne.

Dès la fin des années 1870, des marchands collectent le beurre dans les fermes et organisent son expédition vers les villes. Devant l’insuffisance de recettes et les marges prises par les marchands au désavantage des éleveurs producteurs, l’un d’entre eux, Eugène Bireau lance la première beurrerie coopérative à Chaillé près de Surgères (17). Il s’inspire en cela des fruitières du Jura qui sont des fromageries coopératives. Son initiative, reprise par beaucoup d’autres, permet de créer à Surgères l’Association Centrale des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou. On comptera jusqu’à 154 coopératives , dont une soixantaine, de tailles très inégales, qui transforment du lait de chèvre. Ce mouvement est sans précédent dans l’histoire.

En 1906, à Bougon (79),  le pasteur Esnard fonde la première fromagerie coopérative traitant le lait de chèvre. Le projet d’usine prévoit la transformation de 1500 litres de lait de chèvre par jour. Plusieurs années plus tard, dans les entreprises où des beurreries sont déjà en place à la Mothe Saint-Héray, Lezay, Saint-Loup sur Thouet, le lait de chèvre est ramassé en même temps que le lait de vache. Le véritable essor des fabrications se produit avec l’arrivée de la boîte en bois pour emballer le fromage. Le titre générique de « chèvre boîte » en tire son origine.

Le mouvement est lancé. Les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne vont devenir les premiers départements producteurs de lait de chèvre. Une économie de marché se substitue progressivement à une économie de subsistance. Le monde rural connaît ses premières mutations. En réponse à la révolution industrielle et à l’exode, de nouveaux marchés s’ouvrent dans les zones urbaines. De nombreuses productions agricoles prennent alors leur essor : lait et viande en Normandie, viande en Limousin, vin dans le midi. En Poitou-Charentes, les spécialités locales s’affirment nettement avec le beurre, les fromages de chèvres, le Chabichou du Poitou, le  Mothais, le chèvre boite et les gros fromages de Couhé et de Ruffec en tête.

Entre les deux guerres, la dynamique industrielle se poursuit avec la mise en place d’une transformation industrielle de lait de chèvre dans de nouvelles laiteries (Celles sur Belle, Soignon, Saint-Saviol, Gençay, Chaunay etc…). Cette caractéristique distingue le Poitou-Charentes des autres régions françaises où la transformation à la ferme avec vente directe ou vente à l’affineur s’est maintenue.

La réussite des coopératives tient à la dynamique des hommes de l’époque qui ont eu la volonté et l’esprit pionnier de se rassembler dans une période économique difficile. Il leur a fallu innover technologiquement pour s’ouvrir et conquérir les marchés, notamment parisiens.

voir la collection d'étiquettes de Pierre Montazeau

Terre des Chèvres

L’aventure des cooperatives laitieres a la fin du XIXeme siecle et au debut du XXeme

La plus grande aventure que va connaître la chèvre en Poitou est l’œuvre de la coopération laitière. En 1873, le phylloxéra, originaire d’Outre-Atlantique,  ravage les vignes charentaises. Les vignerons se convertissent en producteurs laitiers, bientôt imités pour d’autres raisons par les agriculteurs des départements limitrophes. Ces anciens viticulteurs remplacent la vigne par la production fourragère et particulièrement la luzerne.

Dès la fin des années 1870, des marchands collectent le beurre dans les fermes et organisent son expédition vers les villes. Devant l’insuffisance de recettes et les marges prises par les marchands au désavantage des éleveurs producteurs, l’un d’entre eux, Eugène Bireau lance la première beurrerie coopérative à Chaillé près de Surgères (17). Il s’inspire en cela des fruitières du Jura qui sont des fromageries coopératives. Son initiative, reprise par beaucoup d’autres, permet de créer à Surgères l’Association Centrale des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou. On comptera jusqu’à 154 coopératives , dont une soixantaine, de tailles très inégales, qui transforment du lait de chèvre. Ce mouvement est sans précédent dans l’histoire.

En 1906, à Bougon (79),  le pasteur Esnard fonde la première fromagerie coopérative traitant le lait de chèvre. Le projet d’usine prévoit la transformation de 1500 litres de lait de chèvre par jour. Plusieurs années plus tard, dans les entreprises où des beurreries sont déjà en place à la Mothe Saint-Héray, Lezay, Saint-Loup sur Thouet, le lait de chèvre est ramassé en même temps que le lait de vache. Le véritable essor des fabrications se produit avec l’arrivée de la boîte en bois pour emballer le fromage. Le titre générique de « chèvre boîte » en tire son origine.

Le mouvement est lancé. Les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne vont devenir les premiers départements producteurs de lait de chèvre. Une économie de marché se substitue progressivement à une économie de subsistance. Le monde rural connaît ses premières mutations. En réponse à la révolution industrielle et à l’exode, de nouveaux marchés s’ouvrent dans les zones urbaines. De nombreuses productions agricoles prennent alors leur essor : lait et viande en Normandie, viande en Limousin, vin dans le midi. En Poitou-Charentes, les spécialités locales s’affirment nettement avec le beurre, les fromages de chèvres, le Chabichou du Poitou, le  Mothais, le chèvre boite et les gros fromages de Couhé et de Ruffec en tête.

Entre les deux guerres, la dynamique industrielle se poursuit avec la mise en place d’une transformation industrielle de lait de chèvre dans de nouvelles laiteries (Celles sur Belle, Soignon, Saint-Saviol, Gençay, Chaunay etc…). Cette caractéristique distingue le Poitou-Charentes des autres régions françaises où la transformation à la ferme avec vente directe ou vente à l’affineur s’est maintenue.

La réussite des coopératives tient à la dynamique des hommes de l’époque qui ont eu la volonté et l’esprit pionnier de se rassembler dans une période économique difficile. Il leur a fallu innover technologiquement pour s’ouvrir et conquérir les marchés, notamment parisiens.

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